Chapelles royales en Europe

Pour chaque chapelle, un style, des compositeurs charismatiques, une couleur, une ambiance. Rolandas Muleika souhaite dans ce programme vous proposer un tour musical de l’Europe baroque où la musique, au même titre que l’architecture, les arts visuels, la mode, le luxe, était un des vecteurs privilégiés de la communication des grands rois et des grandes cours. Tout événement important donnait lieu à une fête magnifique, et une fête somptueuse ne peut se concevoir sans ornements tels qu’une musique éclatante. Tous les plus grands compositeurs de cette période ont travaillé à la cour d’un grand roi et, en particulier, à la Chapelle Royale.

Chapelle Royale de Londres – Welcome to all the pleasures

L’Angleterre possède une histoire musicale très singulière. Elle a donné naissance à un grand nombre de compositeurs importants. Plus nombreux encore sont ceux qui en ont fait leur terre d’élection. Londres et sa Chapelle royale constituent, en particulier à l’époque de Charles II, un vivier majeur de musiciens talentueux tels que Pelham Humfrey ou John Blow et offre une splendide musique de Cour. Mais celui qui semble être l’ultime maillon d’une génération talentueuse de musiciens ayant inspiré une rénovation musicale durable à caractère essentiellement anglaise, est Henry Purcell. L’originalité de son génie, l’étendue de son œuvre, qui couvre toutes les formes d’écriture et assimile toutes les influences, italiennes et surtout françaises, se réunissent pour transcender l’identité baroque de la musique anglaise au XVIIe siècle. Un siècle plus tard c’est Hændel qui, bien qu’allemand, occupera à son tour la place de plus grand compositeur anglais. Outre ses célèbres opéras ou les concertos grosso, c’est à travers ses oratorios que Hændel connaîtra la prospérité et que l’Angleterre deviendra la terre de l’oratorio.

PROGRAMME

5 solistes, 5 instrumentistes, dirigés par Rolandas Muleika

« Welcome to all the pleasures » – Henry Purcell (1659-1695)

« Sleep, fleshly birth » – Robert Ramsey (c.1600-1650)

« O pray for the peace of Jerusalem » – John Blow (1649-1708)

« Funeral Music for Queen Mary » (extraits) – Henry Purcell (1659-1695)

Aria « Thy Hand, Belinda » et choeur extrait de « Dido & Ænea »                                                 Henry Purcell  (1659-1695)

« Lascia ch’io pianga » extrait de « Rinaldo »                                                                    Georg Friedrich Hændel (1685-1759)

« Judas Maccabæus » (extraits) Georg Friedrich Hændel (1685-1759)

Chapelle Royale de Madrid – La musique espagnole dans le Nouveau Monde

La musique espagnole fut introduite sur le nouveau continent par les missionnaires religieux. Elle occupe une place prépondérante dans la conversion des Indiens car, dans leur culture, la musique est absolument indissociable du culte. Éduqués par les ordres religieux, les musiciens indigènes avaient été initiés à la polyphonie durant le premier siècle de domination espagnole. Les maestros espagnols formaient et dirigeaient des ensembles largement constitués de talents locaux. La musique du XVII° siècle parvenue jusqu’à nous est presque entièrement sacrée, en contrepoint traditionnel ou en homophonie simple, la musique à plusieurs chœurs étant elle aussi cultivée. Plus tard, et durant tout le XVIII° siècle, le style polychoral et le style concertant semble avoir été généralement appliqués aussi bien à la musique sacrée latine qu’aux villancicos. Le vilancico, dérivé espagnol du virelai médiéval, basé sur le principe des couplets (coplas), reliés par un refrain (estrebillo), devient le genre musical caractéristique du Nouveau Monde. Très pratiqué, il s’adapta aux conditions locales et, comme dans la métropole, absorba des éléments populaires indigènes.

L’Espagne, comme la France et l’Angleterre, développa un style musical national (l’estilo español) et des genres indépendants qui, bien qu’au service de la culture, de la politique et des institutions religieuses du pays, s’adaptèrent aux conditions locales du Nouveau Monde.

PROGRAMME

5 solistes, 5 instrumentistes, dirigés par Rolandas Muleika

Hanaq pachap kusikuynin – Anonyme à 4 voix Lima (Péru) 1631

Deus in adjutorium / Dixit Dominus – motets à 4 voix Domenico Zipoli (1688-1726)

Afectos amantes – cantada al Santisimo de José de Torres y Martinez Bravo (1665-1738)

A la estrella – duo o la Ascension de Diego José de Salazar (1659-1709)

Aromatica rosa Americana – villacico à 4 voix de José de Nebra (1702-1768)

Sub tuum præsidium – motet à 1 voix de José de Torres y Martinez Bravo (1665-1738)

Deus in adjutorium – motets à 3 voix de Domenico Zipoli (1688-1726)

Euge serve bone – motet à 1 voix (Chiquitos-Bolivie) Anonyme XVII° s.

Fidelis servus – motet à 1 voix (Chiquitos-Bolivie) Anonyme XVII° s.

Confitebor tibi Domine – motets à 3 voix de Domenico Zipoli (1688-1726)

Te Deum Laudamus – pour chœur et solistes à 4 voix de Moraes Pedroso Manuel (1706-1771)