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ORGUE ET VOIX


Les Orgues de la Collégiale de Villefranche de Rouergue

Une promenade dans les plus belles œuvres baroques pour orgue, autour de l'Orgue de la Collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

 

LES COMPOSITEURS

Georg MUFFAT (1653 – 1704)

D'origine savoyarde et d'ascendance écossaise par son père, il nait à Megève.

Il étudie à Paris avec Lully entre 1663 et 1669, est nommé organiste à Molsheim et Sélestat puis fait des études de droit à Ingolstadt. Il s'installe plus tard à Vienne en Autriche, y côtoie probablement Kerll mais ne peut y obtenir d'engagement officiel ; on le trouve à Prague en 1677 puis à Salzbourg au service de l'archevêque pendant plus d'une dizaine d'années. Dans les années 1680, il voyage en Italie, y étudie l'orgue avec Bernardo Pasquini qui lui transmet la tradition de Frescobaldi, y travaille avec Arcangelo Corelli. À partir de 1690 et jusqu'à sa mort, il est maître de chapelle de l'évêque de Passau, aujourd'hui en Bavière.

 

Charles RACQUET (1598 – 1664)

Issu d'une famille d'organistes, il est instruit par son père Balthazar (vers 1575-1630). Toute sa carrière se déroule à Paris. Il est pendant 41 ans organiste titulaire de la cathédrale Notre-Dame de 1618 à 1659. En 1643 ou 1647 son fils Jean devient assistant organiste (il deviendra son successeur). Charles fut aussi organiste de la reine-mère Anne d'Autriche. Représentant de la tradition polyphonique, c'est un professeur réputé. Il a été en correspondance avec le Père Marin Mersenne. Le luthiste Denis Gaultier, qui fut peut-être son élève, lui a dédié un tombeau.

 

 

Girolamo FRESCOBALDI (1583 – 1643)

Né à Ferrare, élève de Luzzasco Luzzaschi, Frescobaldi a été organiste titulaire à vie de la basilique Saint-Pierre de Rome entre 1608 et sa mort en 1643, hormis un séjour à la cour des Médicis à Florence de 1629 à 1634. En juin 1607, il se rendit à Bruxelles dans la suite du nonce apostolique et fit imprimer son 1er Livre de Madrigaux à cinq voix à Anvers en 1608.

Principal maître du clavecin et de l'orgue en Italie pendant la première partie du XVIIe siècle, sa renommée dépassa la péninsule italienne et son influence s'étendit, notamment par l'intermédiaire de son disciple Johann Jakob Froberger, dans le reste de l'Europe musicale, jusqu'à Jean-Sébastien Bach.

Son œuvre est marquée du sceau de son génie de mélodiste. Le style de Frescobaldi, très personnel, fait une large place aux dissonances, à la modulation, aux ruptures subites de rythme, à l'invention mélodique toujours renouvelée qui évoquent l'improvisation.

Il est le dernier grand représentant, en même temps que le plus doué, de l'école italienne, en déclin après lui : après Bernardo Pasquini, le pays se tourne vers le violon, le concerto, l'opéra ...

 

Peeter CORNET (vers 1575 – 1633)

Né à Bruxelles vers 1570, au sein d'une famille de musiciens (violonistes, chanteurs et organistes), il est Organiste à l'église Saint-Nicolas de Bruxelles de 1603 à 1606, il devint en 1606 organiste de la cour d'Albert VII, archiduc d'Autriche, et de sa femme, l'infante Isabella Clara Eugenia d'Espagne. On le retrouve chanoine à Soignies, en mars 1611, mais il quitta l'habit peu après pour se marier.

Peeter Cornet est mentionné comme organiste de la chapelle de 1612 à 1618 dans les registres de la cour parvenus jusqu'à nous. Il semble que Cornet se soit également distingué comme expert et facteur d'orgues, notamment pour l'orgue de la Cathédrale Saint-Rombaut de Malines, où il intervint en 1615 comme conseiller avant de signer en 1624 un contrat concernant des travaux d'agrandissement de l'instrument.

 

Eustache du CAURROY (1549 – 1609)

Né près de Beauvais, il approfondit ses études musicales auprès de Claude Le Jeune. D'abord chantre (choriste) à la Chapelle royale d'Henri III, il entreprend de composer et remporte trois fois un prix au Puy de musique d’Évreux, concours de composition créé par Guillaume Costeley : en 1575, il obtient le Cornet d'argent pour une chanson polyphonique à quatre voix, et en 1576, il reçoit l'Orgue d'argent pour son motet à cinq voix Tribularer si nescirem1 (perdu). En 1583, le Luth d'argent le récompense pour Beaux yeux, une chanson à cinq voix (également perdue).

Dans les années 1580, il exerce à la chapelle privée de Catherine de Médicis. De sous-maître de la Chapelle royale (c'est-à-dire responsable de la musique de cette Chapelle), il devient compositeur de la Chambre du roi en 1595. Entre 1596 et 1606, il obtient plusieurs bénéfices ecclésiastiques : un canonicat à la Sainte-Chapelle de Dijon, les prieurés de Saint-Cyr-en-Bourg, Passy et Saint-Ayoul de Provins ainsi qu'une autre prébende canoniale à la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans.

Dernier maître de la polyphonie à la fin de la Renaissance, il est comparé à Roland de Lassus, musicien franco-flamand de renommée européenne. Il servit trois rois de France et accumule les honneurs. Ses œuvres vocales et instrumentales jouissent d'une grande considération.

 

Nicolas de GRIGNY (1672 – 1703)

Né à Reims, Nicolas de Grigny est issu d'une famille de musiciens. Il est élève de Nicolas Lebègue, et tient les orgues de Saint-Denis. Marié en 1695 (il aura sept enfants), il retourne en 1696 dans sa ville natale et est nommé titulaire des orgues de la Cathédrale Notre-Dame, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort prématurée.

Il publie un seul livre d'orgue (1699) consistant en une messe et cinq hymnes pour différentes fêtes de l'Église (Veni creator, Pange lingua, Verbum supernum, Ave maris stella, A solis ortus). Le volume réduit de cette œuvre n'empêche pas Nicolas de Grigny d'être généralement considéré comme un des grands maîtres de l'orgue français. Il y montre, non sans une certaine austérité, une science du contrepoint, un sens de l'harmonie et une profondeur d'inspiration religieuse qui l'égalent aux plus grands, François Couperin et Louis Marchand, ses exacts contemporains.

il est mort jeune sans avoir pu léguer tout ce que son génie laissait espérer. Jean-Sébastien Bach fut un admirateur fervent de Nicolas de Grigny.

 

Jean-Sébastien BACH (1685 – 1750)

Né à Eisenach, il est le membre le plus éminent de la famille Bach, la famille de musiciens la plus prolifique de l'histoire. Sa carrière se déroule entièrement en Allemagne centrale, dans le cadre de sa région natale, au service de petites municipalités, de cours princières sans importance politique, puis du conseil municipal de Leipzig qui lui manifestait peu de considération : il n'a ainsi jamais pu obtenir un poste à la mesure de son génie et de son importance dans l'histoire de la musique occidentale, malgré la considération de certains souverains allemands (tel Frédéric le Grand) pour le « Cantor de Leipzig ».

Sa première formation est assurée par son père puis son frère aîné, mais il est aussi un autodidacte passionné de son art, copiant et étudiant sans relâche les œuvres de ses prédécesseurs et de ses contemporains, développant sa science de la composition et particulièrement du contrepoint jusqu'à un niveau inconnu avant lui et, depuis lors, jamais surpassé. Johann Sébastian Bach est virtuose de plusieurs instruments, le violon et l'alto, mais surtout le clavecin et l'orgue. Sur ces deux derniers instruments, ses dons exceptionnels font l'admiration et l'étonnement de tous ses auditeurs. Il prétend jouer tout à première vue, et peut improviser sur le champ une fugue à trois voix. Il a aussi une compétence reconnue et très sollicitée en expertise de facture instrumentale.

Peu connue de son vivant au dehors de l'Allemagne, passée de mode et plus ou moins oubliée après sa disparition, son œuvre, comprenant plus de mille compositions, est généralement considérée comme l'aboutissement et le couronnement de la tradition musicale du baroque : elle fait l’admiration des plus grands musiciens, conscients de son extraordinaire valeur artistique.

 

LE PROGRAMME

  • Toccata prima - Georg MUFFAT (1653-1704) -Orgue
  • Fantaisie - (ca.1598-1664) Orgue et voix sur le Regina coeli
  •  Aria detta la Frescobalda - Girolamo FRESCOBALDI (1583-1643) - Orgue
  • Salve Regina - Peeter CORNET ( ca.1575-1633) – Orgue et voix sur les versets
  • Fantaisie sur Une jeune fillette - Eustache DU CAURROY ( 1549-1609) – Orgue et voix pour les couplets
  • Hymne Ave maris stella - Nicolas de GRIGNY (1672-1703) – Orgue et voix sur les versets de Plain-chant alternés
  • Choral Schübler "Meine Seele erhebt den Herren" BWV 648  - J.S. BACH (1685-1750) – Orgue et voix pour le Magnificat

Fugue sur le Magnificat BWV 733 J.S. BACH

 

DISTRIBUTION

Grand Orgue (1)

Ténor (2), Baryton (2), Basse (1)