Les chemins de Saint-Jacques en Pays d’Oc – Un pèlerinage musical

Le classement Unesco en 1998 des « Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France » atteste de leur valeur universelle et se matérialise par les nombreux édifices qui jalonnent les chemins. L’Ensemble Antiphona aime adapter sa programmation aux lieux qui accueillent la musique. Chaque édifice a son acoustique propre, son identité sonore qu’il convient de valoriser en adaptant chaque programme. Nous prennons la liberté de pouvoir remplacer telle pièce par telle autre par exemple … Chaque concert est en ce sens une création en symbiose avec le lieu dans lequel il résonne.

De même, dans la mesure du possible, nous aimons tester la sonorité des différents espaces que propose le lieu en question. Notre concert devient un spectacle sonore, les voix s’élèvent tantôt d’une chapelle, tantôt d’une autre, de la tribune de l’orgue, etc.. Nous valorisons ainsi les formes architecturales et les oeuvres d’art par une mise en espace, par des mouvements ou encore des déambulations.

Les chemins de Saint-Jacques correspondent parfaitement aux critères définis par la « Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel » en 2003. Quel meilleur moyen alors que la musique pour exprimer cet imaginaire ineffable ? La musique faisait partie de cet univers merveilleux, voir mystique du voyageur. La musique ponctue le chemin à travers diverses célébrations religieuses, les hymnes et les chants psalmodiés structurent le pas du marcheur. Et pourtant nous n’avons pas beaucoup de musique dédiée à cette circonstance. Le seul livre qui contient des œuvres musicales notées est le livre officiel de Saint-Jacques de Compostelle « Liber Santi Jacobi » ou « Codex Calixtinus ». Ce manuscrit, copié vers 1139, est l’un des souvenirs les plus prestigieux de la renaissance artistique et musicale au XII° siècle, nous lui accordons évidemment une large place dans notre concert.

Mais la musique est également le témoin privilégié des joies des pèlerins, de leurs espoirs, de la quête de soi qui animent leur marche. Ils s’expriment dans un répertoire musical varié qui était à la fois témoin des richesses du passé, et des embellissements modernes.

         Lidée de ce programme est de recréer ces ambiances si particulières à chaque étape du chemin à travers les différentes époques de l’histoire de la musique. Imaginer l’univers intime du pèlerin après des mois d’aventure et parfois de tourments, et le bonheur d’être parvenu au tombeau de l’apôtre :

« Contempler les chœurs de pèlerins en perpétuel état de veille, au pied du vénérable autel de Saint-Jacques, procure joie et émerveillement (…) Les uns jouent de la cithare, d’autres de la lyre, du tympanon, de la flûte (…) de la harpe, de la vielle, de la rote britannique ou gauloise, d’autres encore ont des cithares ou chantent en s’accompagnant de divers instruments. »
Liber sancti Jacobi (XII° siècle).